OUVERTURE DE LA JOURNEE

Le R3-LPP a officiellement été lancé le 10 juin à la Maison de la Région, à Poitiers. Une ouverture institutionnelle forte, avec la présence de Françoise Jeanson (Vice-présidente en charge de l’Enseignement supérieur et la Recherche, Région Nouvelle-Aquitaine), Nicolas Labarre (Vice-président Recherche, Université Bordeaux Montaigne) et Virginie Laval (Présidente, Université de Poitiers), a marqué le début de cette journée.

 

Les coordinateur et coordinatrices scientifiques et technique du réseau ont ensuite présenté le contexte et les premières avancées du projet. Trois tables rondes ont ensuite ponctué la journée, et marqué le début d’une dynamique collective et engagée. En voici un résumé court des discussions qui ont eu lieu. Leur contenu sera développé davantage lorsque nous proposerons des problématiques pour nos futurs groupes de travail à la rentrée de 2025-6.

Table ronde 1

Participation, co-construction, co-production : quels effets légitimateurs pour les politiques publiques ?

Animation : Jade Omer, Ellyx
Intervenante et intervenants :

  • Olivier Coussi, Maître de Conférences HDR en Sciences de Gestion et Management, CEREGE, (UR 13564), Université de Poitiers

  • Marion Paoletti, Professeur en Science Politique, IRM, Université de Bordeaux

  • Eric Puisais, Maître de Conférences en Science Politique, Université Catholique de l’Ouest, Niort
  • Constats
    – La participation est devenue un impératif incontournable et largement partagé, mais reste très fragile.
    – La démocratie représentative est en crise, pour des raisons multiples : défiance envers les institutions, crise des partis politiques, érosion de l’intérêt général, arrêt de la croissance, etc.
    – Il y a un risque à ce que la participation ne se réduise qu’à un impératif moral plutôt qu’à un modèle effectif.
  • Enjeux
    – Retisser le lien et la communication entre citoyens et espace politique (institutions, élus, arènes de débat).
    – Réinterroger le sens et les effets réels de la participation pour éviter qu’elle ne reste qu’un affichage moral sans impact.
    – (re)Questionner les publics visés par les politiques publiques, la fabrique de l’opinion et les conditions de délibération.
  • Ouverture
    Aller plus loin dans la participation pour produire des effets légitimateurs :
    – Instaurer un droit de suite aux dispositifs participatifs,
    – Rendre les référendums plus délibératifs,
    – Rendre visible les différences et les conflits.
Table ronde 2

Des études d’impact aux évaluations de politiques publiques : quel rapport avec la légitimation de ces dernières ?

Animation : Frédéric Bertrand, Groupe Amnyos
Intervenante et intervenants :

  • Céline Chatelin, Maître de Conférences HDR en Sciences de Gestion et de Management, LiREM, Directrice adjointe de la Chaire OPTIMA, GIS OPTIMA, Université de Pau et des Pays de l’Adour

  • Sylvain Dejean, Maître de Conférences HDR en Economie, NUDD, Université de La Rochelle

  • Hélène Pauliat, Professeur de Droit, OMIJ, Université de Limoges
  • Constats
    – Multiplicité des types et méthodes d’évaluation : évaluation d’impact, qualitative, méthodes mixtes ou participatives.
    – Les évaluations sont souvent hâtives, parfois instrumentalisées ou réduites à des logiques de procédure plutôt que de contenu (ex. : enquêtes publiques).
    – Problèmes de définition et de positionnement :
    * L’évaluation est portée par une pluralité d’acteurs (élus, cabinets, commanditaires, etc.), ce qui interroge sa neutralité.
    * Il existe une confusion entre bilan et évaluation : seule cette dernière mobilise des méthodes scientifiques.
  • Enjeux
    – Qui évalue et dans quel but ?
    – (re)Interroger les finalités de l’évaluation : éclairer la décision, rendre des comptes, produire de la légitimité, valider ce qui a déjà été décidé.
    – Tension entre rigueur scientifique et usage politique de l’évaluation.
  • Ouverture
    – Réintroduire la question de l’intérêt général dans l’évaluation d’une politique publique au delà du seul critère d’efficacité.
    – Mettre en débat les récits produits par l’évaluation pour faire émerger des controverses et nourrir le débat démocratique.
Table ronde 3

La légitimation est-elle « un problème de communication » ?

Animation : Yoan Ollivier, Vraiment Vraiment
Intervenante et intervenants :

  • Sylvie Hanote, Professeur de linguistique, FoRellis, Université de Poitiers

  • Vincent Liquète, Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication, MICA, Université de Bordeaux

  • Nicolas Moinet, Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication, IAE Poitiers

  • Constats
    – La communication des politiques publiques reste majoritairement descendante.
    – Il faut distinguer deux types de communication :
    * Fonctionnelle (aspects techniques et opérationnels)
    * Normative (récits communs, identité, etc.).
    – Demande croissante d’informations de la part des citoyens, plus souvent dans une posture réactive que d’ouverture ou de compréhension :
    * Montée de la défiance, amplifiée par les réseaux sociaux,
    * Volonté d’être rassurés par leurs bulles cognitives.
    – Discours politiques très souvent structurés par une forte logique d’antagonismes.
  • Enjeux
    – Comment (re)créer de la confiance dans un paysage médiatique fragmenté ?
    – Identifier le rôle des différents médias dans la légitimation des politiques publiques.
    – Mesurer le rôle du discours dans la fabrique du réel politique : enjeux méthodologiques, notamment liés au lexique utilisé.
  • Ouverture
    – (re)Penser les stratégies de communication à partir des récepteurs, pas seulement des émetteurs.
    – Explorer les discours comme vecteurs de légitimation des politiques publiques.